miércoles, abril 22, 2015

Correspondance

1.

Monsieur Zaleski von Salamine, dit le Grand,

Je m'adresse à vous pour vous raconter de mon périple par la planète, non sans vous exprimer, au préalable, mes remerciements pour votre considération et bienveillance portée à mes et les miennes.
J'espère de ne pas être un avocat ami puis devenu uniquement un avocat. Des contingences me forçant à effacer toute trace découlant de mes hauts et bas moments pendant ce trois mois-ci. Chaque ville, chaque famille visitée, chaque ami rencontré m'a pollué, ou mieux, m'a fertilisé de ses préoccupations, de ses rêves, de ses problèmes.
En ce faisant, j'ai acquis une vision plus ample du monde, plus profonde et plus sincère, et surtout moins hallucinante. J'ai acquis la force pour oublier les moments malchanceux, les affronts subis, les intentions malveillantes de tous ceux auxquels j'avais professé mon respect.
Finalement, je rentre à Paris renouvelé. Je rentre plus courageux. Je reste ferme et prêt pour exiger des autres un minimum, le respect d'un noyau fondamental, au-delà duquel aucune concession ne serait plus octroyée.
La vie n'a pas d'armistice, autant pour ce qui te font mal, comme pour ce qui te font du bien. La vie te donne sans limites des gratifications pour toutes les bonnes actions, comme pour les moins bonnes.
Je rentre prêt pour me concentrer dans trois objectifs chiffrés, non décelés pour cet esprit faible qui vois uniquement des nombres.
J'espère te voir bientôt. Fais pas d'attention, je rigole simplement, je suis sous l'influence de Borges, de Bjork et de toi-même. C'est un presqu'un; c'est un me semple que.
Dans l'attente de vous voir bien fort et puissant, 

Bien à vous,



P-A von l'Aurore


2.

Phil-Adelbert von l'Aurore, dit "die Kunst der Fuge",

En effet, vous n'avez pas tort dans les propos fort ambigus exprimés sur votre missive. Fort étrange, indeed, tout ce que vous racontez à l'abri des phrases chargées de sens, mais sans un objectif précis. Un lecteur moins expérimenté que celui qui vous dresse la parole, aura beau à déchiffrer le montant des créances dont vous "me fait grâce" avec les substantifs incrustés dans des phrases aussi généreuses que « je rigole ».
À cet égard, je crains que rien que le silence et l'esprit du vin - sans majuscule parce que dépouillé de toute prétention ! - pourront guérir les blessures sanglantes.
Disons par ailleurs que je travers un moment où l'amitié s'est éveillée dans toute sa terrible invisibilité. Même pas un brouillard épais, ce mot que j'aime autant de la langue anglaise : mist. Rien que de l'air chaud qui émanait des lectures furtives de A paixão segundo G.H., de Clarice. Le voilà un propos ambigu autre que celui tiré d'une première lecture des nouvelles d'un ami venu du froid, tel qu'autrefois le fit l'espion de Jean Thesquare. 
En attendant vous revoir dans les prochains jours, je termine cette épitre si différente de votre cadeau empoissoné - oui, empoissoné ! Ne recherchez aucune faute - en vous communicant ma totale connaissance de votre arrivée à la Ville Lumière depuis longtemps.

Vien à abus,



Zaleski von Salamina C. y V.

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