1.
Monsieur Zaleski von
Salamine, dit le Grand,
Je m'adresse à vous pour vous
raconter de mon périple par la planète, non sans vous exprimer, au préalable,
mes remerciements pour votre considération et bienveillance portée à mes et les
miennes.
J'espère de ne pas être un
avocat ami puis devenu uniquement un avocat. Des contingences me forçant à
effacer toute trace découlant de mes hauts et bas moments pendant ce trois
mois-ci. Chaque ville, chaque famille visitée, chaque ami rencontré m'a pollué,
ou mieux, m'a fertilisé de ses préoccupations, de ses rêves, de ses problèmes.
En ce faisant, j'ai acquis une
vision plus ample du monde, plus profonde et plus sincère, et surtout moins
hallucinante. J'ai acquis la force pour oublier les moments malchanceux, les
affronts subis, les intentions malveillantes de tous ceux auxquels j'avais
professé mon respect.
Finalement, je rentre à Paris
renouvelé. Je rentre plus courageux. Je reste ferme et prêt pour exiger des
autres un minimum, le respect d'un noyau fondamental, au-delà duquel aucune
concession ne serait plus octroyée.
La vie n'a pas d'armistice,
autant pour ce qui te font mal, comme pour ce qui te font du bien. La vie te
donne sans limites des gratifications pour toutes les bonnes actions, comme
pour les moins bonnes.
Je rentre prêt pour me
concentrer dans trois objectifs chiffrés, non décelés pour cet esprit faible
qui vois uniquement des nombres.
J'espère te voir bientôt. Fais
pas d'attention, je rigole simplement, je suis sous l'influence de Borges, de
Bjork et de toi-même. C'est un presqu'un; c'est un me semple que.
Dans l'attente de vous voir
bien fort et puissant,
Bien à vous,
P-A von l'Aurore
2.
Phil-Adelbert von l'Aurore,
dit "die Kunst der Fuge",
En effet, vous n'avez pas tort
dans les propos fort ambigus exprimés sur votre missive. Fort étrange, indeed, tout ce que vous racontez à
l'abri des phrases chargées de sens, mais sans un objectif précis. Un lecteur
moins expérimenté que celui qui vous dresse la parole, aura beau à déchiffrer
le montant des créances dont vous "me fait grâce" avec les
substantifs incrustés dans des phrases aussi généreuses que « je rigole ».
À cet égard, je crains que
rien que le silence et l'esprit du vin - sans majuscule parce que dépouillé de
toute prétention ! - pourront guérir les blessures sanglantes.
Disons par ailleurs que je
travers un moment où l'amitié s'est éveillée dans toute sa terrible
invisibilité. Même pas un brouillard épais, ce mot que j'aime autant de la
langue anglaise : mist. Rien que de
l'air chaud qui émanait des lectures furtives de A paixão segundo G.H., de Clarice. Le voilà un propos ambigu autre
que celui tiré d'une première lecture des nouvelles d'un ami venu du froid, tel
qu'autrefois le fit l'espion de Jean Thesquare.
En attendant vous revoir dans
les prochains jours, je termine cette épitre si différente de votre cadeau
empoissoné - oui, empoissoné ! Ne recherchez aucune faute - en vous communicant
ma totale connaissance de votre arrivée à la Ville Lumière depuis longtemps.
Vien à abus,
Zaleski von Salamina C. y V.
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